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Taxe carbone sur les déchets : IPALLE se mobilise… et innove

la rédac’

L’unité de Valorisation Énergétique de Thumaide, un outil d’utilité publique

Intercommunale publique wallonne de plus de 400 collaborateurs, IPALLE gère l’ensemble du cycle des déchets sur trois bassins de vie, avec une approche intégrée : prévention, collecte, tri et valorisation énergétique.

En 2025, l’Unité de Valorisation Énergétique d’IPALLE a valorisé énergétiquement 397.887 tonnes de déchets et produit 282.790 MWh d’énergie. Grâce à l’exportation de l’électricité sur le réseau, à la récupération de chaleur et au recyclage des métaux dans les mâchefers, c’est l’équivalent de 174.132 tonnes de CO₂ qui ont été évitées en 2025.

Une nouvelle taxe carbone qui menace la facture déchets

En juillet 2026, la Commission européenne a proposé d’intégrer le secteur de l’incinération des déchets dans le système européen d’échange de quotas d’émission, l’ETS (Emissions Trading System) à partir de 2031. Ce mécanisme, jusqu’ici réservé aux grandes industries polluantes, obligerait les unités de valorisation énergétique comme celle de Thumaide à payer pour chaque tonne de CO₂ émise.

Dans ce cadre, IPALLE a accueilli en juin une délégation de députés européens afin d’échanger sur le sujet et de présenter sa position. Face aux élus, l’intercommunale a présenté une analyse approfondie consécutive à l’intégration du secteur de la valorisation énergétique (WtE – Waste-to-Energy) dans l’ETS. Des constats majeurs ressortent :

  • Un outil inadapté à un service de salubrité publique non délocalisable. L’ETS a été conçu comme un mécanisme de marché : un prix du carbone censé inciter les émetteurs à réduire leurs émissions, en substituant un combustible fossile par une énergie plus durable.  Ce n’est cependant pas possible dans le cas des unités de valorisation énergétique (UVE) qui interviennent en bout de chaîne en valorisant les déchets qui ne peuvent être réemployés ou recyclés, et ce, sans aucun levier ni sur la nature ou sur la quantité des déchets qu’elles reçoivent, ni sur les émissions CO2 qui en résultent. Impossible donc d’agir sur les émissions à la source, contrairement aux industries classiques. Leur appliquer un prix du carbone ne changera donc rien à leur activité qui répond à un besoin essentiel : ce sera une taxe pure, sans le moindre effet incitatif ni impact positif démontré pour l’environnement.
  • Un coût direct pour le citoyen. Si le Parlement européen et le Conseil adoptent cette proposition, la facture serait salée pour les ménages belges qui ont pourtant déjà consenti d’énormes efforts de tri et de prévention : avec un prix du carbone de 100 € par tonne de CO₂, le coût de traitement des déchets augmenterait de 50 € par tonne, ce qui se traduirait par une hausse d’environ 5 € par habitant sur la cotisation déchets. Une nouvelle augmentation de taxe, sans aucun lien avec leur comportement, suscitera une profonde incompréhension parmi les citoyens.
  • Une concurrence déloyale pour les déchets non ménagers. Cette mesure crée en outre une distorsion de concurrence flagrante avec des secteurs comme la cimenterie, qui continueront de bénéficier d’allocations gratuites de quotas CO2.
  • Un effet incitatif absent. Les expériences de la Suède et la Lituanie, deux seuls pays à avoir appliqué l’ETS au secteur de la valorisation énergétique, sont sans appel : aucune baisse des tonnages de déchets résiduels, mais des effets pervers tels que des « listes noires » de déchets et des fuites vers d’autres pays ou vers la mise en décharge.

Des alternatives crédibles et efficaces

IPALLE, aux côtés de COPIDEC (fédération des opérateurs sur secteur public de gestion des déchets en Wallonie) plaide pour des solutions nationales, fondées sur le principe du pollueur-payeur à la source, et un renforcement de la Responsabilité Élargie des Producteurs, notamment pour les plastiques. En effet, l’incinération des déchets résiduels n’est pas une industrie comme les autres : c’est une mission de service public, indispensable, non délocalisable et intégrée dans l’économie circulaire. Appliquer l’ETS à ce secteur sans tenir compte de ces spécificités reviendrait à pénaliser les collectivités et les citoyens, sans bénéfice environnemental démontré. COPIDEC appelle donc les autorités belges et européennes à entendre ses arguments dans l’intérêt des citoyens avant l’adoption définitive du texte.

En attendant la décision européenne, IPALLE innove

IPALLE a choisi d’anticiper. En collaboration avec l’UMons et Veolia, et grâce au soutien de l’Agence wallonne de l’Air et du Climat (AWAC), l’intercommunale a installé en 2026 un premier pilote de captation du CO₂ sur l’Unité de Valorisation Énergétique de Thumaide. Un second pilote, reposant cette fois sur une autre technologie, a suivi en 2026.

Ces installations expérimentales visent à capter le CO₂ directement à la sortie des fumées, avant qu’il ne soit rejeté dans l’atmosphère — une piste concrète pour réduire l’empreinte carbone du site mais qui reste toutefois coûteuse. Son déploiement à grande échelle représenterait un investissement important. C’est justement l’un des enjeux qu’IPALLE porte dans son dialogue avec l’Europe : trouver un équilibre entre ambition climatique et réalité économique pour les citoyens et les collectivités.

IPALLE continue à suivre ce dossier de près.

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